5 conseils pour améliorer la qualité de vos analyses statistiques

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5 conseils pour améliorer la qualité de vos analyses statistiquesEntre ceux pour le podcast du Rendez-vous Tech et ceux pour l’émission de radio Tech & More, j’ai désormais à mon actif une bonne quarantaine de shortcasts dans lesquels je m’emploie à traiter un sujet complet, agrémenté de statistiques, le tout en à peine une minute. L’exercice se révèle très formateur : vous n’imaginez pas la gymnastique intellectuelle à déployer pour parvenir à être concis, complet, ou pour rester fidèle au propos.C’est pourquoi je propose dans cet article une liste de cinq conseils qui devraient vous aider à améliorer la qualité de vos analyses statistiques. Si vous les appliquez autant que possible, alors vous éviterez un bon nombre d’écueils dans lesquels certains journalistes peu scrupuleux n’hésitent pas à sauter à pieds joints.
1 – Lorsqu’on se lance dans une analyse statistique, il est préférable de commenter des graphiques plutôt que des textes. Ces derniers induisent généralement un risque de paraphrase. Le vocabulaire utilisé est lui aussi très important : il doit être précis, « dédié » (du même champ lexical) et nuancé. Dans le même ordre d’idée, les raccourcis d’idée doivent être utilisés avec prudence. Par exemple, un ralentissement n’induit pas nécessairement une baisse.2 – Il est important de délimiter le champ d’action de vos données : ne perdez pas de vue que votre lecteur ou auditoire ne dispose ni des données, ni de l’article, ni des graphiques que vous vous échinez à matérialiser. Il faut donc introduire le cadre des statistiques commentées : présentez le document, replacez le dans son contexte, indiquez la date et la source des données, la nature et la taille de l’échantillon (s’agit-il de données officielles, d’estimations, de prévisions ?), l’échelle d’unité etc…3 – Ne reprenez pas l’intégralité des informations fournies. Imaginez que votre analyse passe l’épreuve d’un entonnoir : dans un premier temps, vous évoquez le général, puis dans un second temps, vous vous intéressez au particulier. Votre cheminement d’idées sera progressif et plus facile à appréhender.4 – Échappez au culte des statistiques : il ne faut pas hésiter à adapter légèrement les chiffres. Arrondir les pourcentages, utiliser les fractions sont bien souvent des passages obligés si vous tenez à clarifier votre propos, notamment à l’oral. Les nombres arrondis sont mieux mémorisés et offrent une dimension plus concrète à votre démonstration. Vous gagnerez ainsi en impact.

5 – L’effort de simplification ne s’arrête pas là. Autant que possible, schématisez votre analyse des tendances observées : vous pouvez convenir que deux tendances sont équivalentes si l’écart de pourcentage est minime. Intéressez-vous aux marges d’incertitude et autres intervalles de confiance : s’ils sont fournis, cela permet d’établir par exemple que deux chiffres sont de dimensions comparables. Pour autant, évitez d’affirmer que deux phénomènes sont corrélés si cela n’a pas été vérifié statistiquement.
En définitive, si vous n’aviez qu’un conseil à retenir, il s’agirait probablement de celui relatif au choix du vocabulaire : il est absolument primordial d’utiliser les mots à bon escient pour parvenir à simplifier un propos, sans le dénaturer. Un contre-sens est si vite arrivé…